Sans titre

Je file rancard...

Je lance un appel solennel aux Arnaud, Dadalt, Delinière, Duprat, Casella, Gelas,...je ne peux vous citer tous. Un appel à tous ces vicois dans l'âme qui comme un rituel ouvrent leur porte pour un partage peu frugal et inscrit, si ce n'est dans des annales, du moins dans nos mémoires quasi fœtales.

J'en appelle à chacun pour un instant d'inconscience, d'abandon du quant à soi, de nouvelles connaissances, d'autres bombances, d'un désir de rencontre de l'autre qui fasse résurgence.

J'en appelle à chacun pour preuve de son appartenance, à une présence conviviale, une inconstance dans les choix des hautes instances.

J'en appelle à chacun pour un plat de résistance.

J'en appelle à chacun pour une renaissance, une divergence, une prise de conscience citoyenne d'une existence mitoyenne.

J'en appelle à chacun pour la ré appropriation de son espace, de sa place, avec pertinence et un peu d'arrogance.

J'en appelle à chacun pour jeter en partage son esprit de festayre, en pâture le goût amer de son absence.

J'en appelle à chacun pour laisser aux oiseaux de mauvaise augure la pâle figure de leur déconfiture.

J'en appelle à chacun pour un ralliement à une cause qui fasse école, à une logique qui décolle, à une écologique dont on cause.

J'en appelle à chacun devant sa porte, son garage pour que s'installe sa table où chacun s'attable.

J'en appelle à chacun pour que des frères Lebbé à Julie Saint Avit poursuivant Albert Deluc, le macadam se couvre de nappe de dames. De nappes chamarrées et festonnées, de nappes bigarrées en carrés, de nappes colorées de rouges et blancs, de nappes parsemées de mets odorants et colorés.

J'en appelle à tous pour un moment festif, un moment de partage, un moment de résistance, un pied de nez, une pique qui fait la nique, un pique nique. Un pique nique de Pentecôte à Vic, un PICNICAVIC.

Jean Trenque 

4

                               Moi, je file un rancard

                                A ceux qui ne croient plus en rien

                                Sans idéologie, discours ou baratin

                                On vous promettra pas

                                Les toujours du grand soir

                                Mais juste  l'éphémère 

                                A manger et à boire

A tous les recalés que si peu on ménage

Les privés du mérite, les exclus du partage

Si nous pensons à vous, c'est en fait égoïste

Demain, nos noms, peut-être grossiront la liste 

Aujourd'hui, on n'a plus le droit
Ni d'avoir faim, ni d'avoir soif Dépassé le chacun pour soi
Quand je pense à toi, je pense à moi Je te promets pas le grand soir

Mais juste à manger et à boire
Un peu de pain et de bonheur
Pour un pique nique, piknik d'espoir