"La chronique de TATOU numéro 4:


Ode à la Vie


Si je veux enterrer un projet,

Je crée une belle commission,

Un référendum, une consultation,

Et je fais comme si j’interrogeais.

Bien sûr je connais la réponse,

Mais je demande quand même.

Je fais comme Pilate (Ponce)

Et je suis mon enthymème.

En effet je n’aime pas la fête,

C’est sale et très désordonné,

Ça secoue, ça fait mal à la tête.

Ils sont complètement sonnés,

Ils sautillent sur des musiques

Jouées sans aucune partition

Par des fanfarons rustiques

Dont je demande l’abolition.

Ils boivent et reboivent à l’envi,

Fument tout ce qui se fume,

Chantent, dansent, et sourient

Dorment dehors et puis s’enrhument.

Cela suffit, j’arrête l’anarchie,

Je vais mettre enfin de l’ordre,

(J’exercerai  ma monarchie),

Et je m’apprête à tordre

Le cou à cette tradition

Pour rendre tout conforme

Et en finir avec cette addiction.

Car l’histoire est ancienne :

Leurs pères en haut de forme

Avaient la cuite Kafkaïenne,

Et faisaient même des enfants.

Mais eux, leurs maigres rejetons,

Fainéants, bruyants, piaffant,

Ces jeunes, oui, eux les petits cons

Doivent aujourd’hui apprendre

A faire enfin ce qu’on leur dit

Sans besoin de comprendre:

Manger cinq fruits et légumes,

Crouler sous les crédits,

Boucler son bec et sa ceinture,

Arrêter ce qui saoule et se fume,

Regarder Koh-Lanta,

Voter pour ma candidature

Et ne plus boire que du Fanta.

Dans ce beau monde aseptisé,

Ils passeront tous dans le rouleau.

Comment ? Il n’y a plus de boulot ?

t5


        Raison de plus

pour ne pas

s’amuser ! 


                                              

 

La chronique de TATOU"