De l'art de caresser les urnes

Alors là, mes coco, va falloir vous la secouer violente, façon Dien Bien Phu, et mouiller un peu l’calbut :

Si j’vous mets d’un coté de la balance, de l’Espingouin, du Niakoué de Pantruche et autre stranger in red and white venus des 4 coins de la barbarie, qui vous bourrent le mou dès potrominet, vous secouent votre petit paradis à coups de musiques de dingues, vous prévoient des dommages colatéraux, vous font grimper les impôts locaux en vous explosant la joncaille, et qui non content de ça, vous menaçent de mornifles si la flicaille file pas un coup de main aux condés locaux en effectif léger.

Et si je vous propose à la place du sensuel, de lantiride à mémé, du beaume de Venise coloré porto et en bonus un ptit coin d’paradis pour pêcheurs où seule la fracture d’un col du fémur peu passer pour l’événement de l’année ? 


Vous dites quoi ? ben… présenté comme ça… vous dites banco, vous abondez, vous remerciez et en plus vous doublez la mise. 

Avec de tels arguments en pogne, y’a pas photo et on peut r’procher à personne de s’être fait ampapaouter devant un tel paquet cadeau, ce s’rait radicaliser l’autochtone. 

Et comme si ça suffisait pas, la bande à Martin Bouygues a remis deux couches de crépis à la ménagère de 50 balais qui aurait pas pigé, ça leur ressemble bien… les gonzes de Bouygues sont autant connus pour la construction que pour la démolition, et là c’est tombé pile poil. 

Pour que ces gonzes lorgnent sur cette bourgade et aménagent un tel pataquès fallait qu’l’embrouille soit surement d’une importance internationale, alors que pendant ce temps là, aux quatre coins de la planète ça sentait la catastrophe tellurique, en tous genres et tout le monde s’en foutait. 

C’est pas simple quand on a affaire à des teigneux qui ont des bolivars, de leur demander de faire marcher l’intellect. 

Vous m’direz à la lecture des archives, le coup était préparé de longue date, un hold up pareil, ça s’improvise pas, c’est du minuté, du velouté dans l’art de l’embrouille, du Spaggiairi façon confit, un succès quasi garanti. 

Mais attention à pas faire en sorte que la réalité dépasse la friction ! (il paraît que ça en démange certains de préparer plumes et goudron ).

Et coup, y’a du tangage dans les partis, ça se fissure dans les asso, les boutiquiers essaient de sauver les meubles à qui tirera le mieux la couverture à soi, le tsunami fait tout péter jusque dans les familles ou les parents s’expliquent, à coups d’torgnoles dans la gueule, avec les enfants qui avaient déjà tiré des plans sur la comète pour l’édition 2012. 

Le hiroshima de la réussite, la médaille olympique de l’indigence, de la belle ouvrage, bref un beau gâchis. 

Ca a même fait péter les clivages politiques et le mariage de raison est devenu monnaie courante, incroyable… on voulait chasser le bourgeois, on découvre qu’il se met en ménage avec le prolo, sur cet aspect y’a du mou dans l’engrenage et d’la dérive dans la conclusion ! 

L’inconnu, l’étranger fait peur, parfois il effraie, mais c’est pas nouveau, même une belle mère effraie… c’est dire. 

Si j’comprends bien, il aurait fallu tout avoir, les bienfaits sans les emmerdes, les loyers sans locataires occasionnels, les champignons sans les mycoses, le jaune sans le glaçon, mais y ‘a gourance, c’est simplement la juste rançon du succès dans lequel il aurait fallu manœuvrer et pas jeter le bébé avec l’eau du bain en imaginant supprimer la gangrène pour sauver le diabète. 

Mais faut quand même faire gaffe aux jeunes qui maîtrisent la toile, faudrait pas que les araignées se transforment en tarentules…et c’est pas au filet à papillon qu’on fera la récolte… 

Essayez juste d’annoncer aux 5000 bénévoles bretons (dont 3500 du village) qu’on leur supprime les Vieilles Charrues… si le gascon est fier, le breton est réactif, il n’aurait pas mis 5mn à trouver les murs porteurs de l’ensemble architectural des bâtiments municipaux, c’est certain. 

Seule consolation histoire de ménager la chèvre et les choux, ils on donné les bouchées à l’arène, histoire d’en rajouter dans la corbeille de la mariée. 

Cette année chez les humains comme chez les taureaux, la tendance est aux cornes et on est nombreux… alors qu’on a même pas de chef de gare ! 

D’un autre coté, le planning est réglé nickel chrome, les termes sont calés pile poil sur le calendrier électoral, ben tiens … Faudrait peut être pas nous prendre pour des pélicans !

On les entends d’ici les malfaisants, ceux qui diront, avant y’avait des jeunes, avec de la musique de jeunes, des tenues de jeunes, des délires de jeunes, qui faisaient des achats de jeunes et qui buvaient comme les jeunes , comme nous quand on était jeunes en fait…

Maintenant c’est pas pareil, on est un village tellement calme que même les chiens osent plus péter !

Comme disait le père Brassens:

"le temps ne fait rien à l’affaire…."


Loulou PERRIER