Petit retour en arrière...La consultation des vicois...La Gazette se souvient de cette ambiance qui régnait alors à Vic-Fezensac...On a pu entendre des "Ils ont du temps à perdre à la mairie" ou des "Hahaha! Comme si on pouvait arrêter les fêtes"...Puis les résultats sont tombés, une majorité de vicois s'était prononcée contre...et enfin la décision du conseil municipal...La Gazette a eu le coeur serré comme bon nombre d'entre vous mais au milieu de la cohue, elle se rappelle avoir lu la détresse dans les yeux d'une conseillère municipale et avoir entendu autour d'elle "Estelle, ça n'a pas l'air d'aller"...Beaucoup de vicois ont été touché par cette Vicoise avec un grand V, celle dont tout le monde ici a déjà croisé le sourire, la gentillesse et la générosité...

C'est donc avec un profond respect et une envie de lui laisser carte blanche pour s'exprimer sur le sujet que la Gazette a décidé de céder sa place de rédactrice aujourd'hui et de prêter sa plume à Estelle Ariès:

"Alors voilà, si depuis onze ans , j'étais élue à Vic et adjointe depuis 3 ans, c'est avant tout parce que j'aime ma ville et que je trouvais important que les jeunes s'investissent dans la vie de la cité.
Cet engagement, je ne le regrette pas mais j'aurais aimé que cela se termine autrement bien-sûr.

Pentecôte, c'est une histoire qui me tenait à coeur évidemment.
Avec la bodéga des filles d'abord, elles qui m'ont initié à l'esprit de la fête de la meilleure des manières.
Et puis avec mes copains et mes copines, notamment avec les expatriés, qui ne manquent ce rendez-vous pour rien au monde, nous avons usé les comptoirs de La Familia Loca, du Moulin, des 7 Péchés et d'autres endroits sympas, loin des sonos assourdissantes.
Des années maintenant qu'on défile aussi tous les dimanches avec Vicalarue...

Et puis l'engagement en tant qu'élue.

Quand en 2007,après le changement de statut de la maison bleue, l'animation a été reprise en mains par la mairie, il était évident que je devais y aller. Bien-sûr, nous nous sommes rendus compte que ce n'était pas facile à gérer et que des problèmes existaient. Nous rêvions d'une fête qui plairait à tous et où tout le monde prendrait du plaisir à se retrouver.Notre objectif était de promouvoir la fête de jour dans tous ses états (fanfares, défilés déguisés pour les grands et les petits, théâtre de rue, défilé sévillan, expos...). Petit à petit, le groupe de bénévoles s'est étoffé et nous commencions, me semble-t-il, à obtenir des résultats.
Aussi, pendant la période qui a précédé la consultation des Vicois, j'ai clairement donné mon avis : pour moi, il était évident que les fêtes devaient continuer et que l'on devait améliorer les conditions d'accueil du public pour limiter les désagréments qu'elles peuvent occasionner.
Donc, la décision de suspendre les fêtes est tombée comme un couperet et a été difficile. Cela sonnait pour moi,et je pense pour tous les membres de la commission des fêtes et tous ceux qui oeuvrent pour la fête en général, comme un constat d'échec cruel...

Alors évidemment, en tant qu'élue, je ne peux pas nier qu'il fallait se pencher sur le problème.Je pense seulement qu'on aurait pu prendre du temps après la consultation des Vicois pour réunir tous les acteurs de la fête (associatifs, professionnels ou amoureux de la fête) pour affronter le problème tous ensemble et chercher encore des solutions supplémentaires.Car si la fête pose certains problèmes incontestables, sa suspension risque, à mon avis, d'en poser davantage encore.
N'ayant pas réussi à convaincre la majorité des élus, je n'avais plus vraiment d'autre choix qu'arrêter mon mandat .Même si j'admets que Pentecôte n'est pas la seule chose qui doit occuper l'esprit d'un élu, je suis certaine que cette question restera au coeur des préoccupations de l'équipe municipale, tant il est difficile de savoir à quoi s'attendre pour 2012.
Je suis donc partie...un peu désabusée...

Mais passée cette période de déprime, j'ose retrouver un peu d'optimisme.Bien-sûr, certains font des amalgames et en profitent pour régler des comptes, mais beaucoup de Vicois ont eu une réaction saine : ils ont enfin parlé de Pentecôte, ont manifesté leur attachement ou leurs critiques, mais se sont emparés de la question.
Certains ont pris des initiatives pleines d'humour, d'autres s'inscrivent déjà dans le projet de reconstruire les fêtes.
Je pense que si toutes ses actions se fédèrent dans cet élan, on pourrait assister à quelque chose d'intéressant.

Et je compte bien en être!

Amitiés festives,


Estelle Aries."


La Gazette tient à remercier Estelle Ariès pour avoir accepter son invitation et lui présente ses sentiments vicois les plus sincères.